Un friends to lover comme je les aime.

Les Winchester, tome 2, Stephen


Lorsque j’ai lu Lincoln, le tome 1 de la série Les Winchester, j’avais bien aimé la plume d’Audrée, que je trouvais très fluide, mais le trope du coup de foudre était venu me mettre des bâtons dans les roues concernant mon appréciation générale, puisque c’est un trope qui n’est pas de mon goût. Cependant, à la fin du roman, l’auteure nous présente brièvement Stephen et, tout de suite, j’ai su que le côté mystérieux du jeune homme viendrait me chercher beaucoup plus. J’avais raison, car j’ai dévoré le deuxième tome, suivant l’histoire de Stephen.


Je vais noter tout de suite un commentaire comparatif : il y a une nette amélioration dans le texte entre le second tome et le premier. Si vous aviez adoré le premier, il m’est incompréhensible de concevoir que vous ne puissiez pas adorer le deuxième. L’écriture fait plus époque, on a tassé les expressions plus modernes qui, personnellement, m’ont dérangé dans le premier tome. Même si le tutoiement reste, je ne peux pas critiquer quelque chose qui vient d’un choix éditorial. De plus, Stephen et Marion se connaissent depuis plus longtemps que Lincoln et Isabella, donc l’historienne en moi offre une carte « ça passe ».


Avant d’embarquer dans le récit et les personnages, j’aimerais souligner un changement entre la première version, autopubliée, et cette réédition aux Éditions de Mortagne : le prénom de Stephen était Eugène. Lorsque j’ai vu ça, je suis devenue toute rouge ! Je ne sais pas pourquoi, mais je trouvais qu’Eugène ne convenait pas avec sa personnalité. J’imagine Flynn dans Raiponce. Ce changement est un énorme OUI. Je sais que ça paraît superficiel, mais un prénom peut faire toute la différence. Stephen, c’est sexy, ça me fait penser à Stefan dans Vampire Diaries. Bref, excellent choix !


Et tant qu’à parler de monsieur, aussi bien se lancer sur mon appréciation. Ce que j’avais reproché au personnage de Lincoln, c’est son manque de personnalité et de profondeur. Outre son amour pour Isabella et son penchant pour les vices, alcool et sexe, on ne savait pas grand-chose de lui. Dans ce deuxième tome, on en apprend plus sur lui et j’ai trouvé ça bien qu’il ne soit pas complètement mis de côté, mais qu’en plus, on lui ajoute ce petit quelque chose qui, selon moi, manquait. Pour Stephen, je l’ai trouvé plus approfondi et facile à aimer. Il y a un côté mystérieux, certes, mais surtout un côté mature. Il s’occupe, avec son ami et partenaire d’affaire Mitchell, de leur brasserie, il est passionné par ce travail. On sent qu’il est réfléchi et qu’il analyse beaucoup tout ce qui se passe autour de lui. C’est un aspect de sa personnalité que j’ai adoré. Même s’il est impulsif sur certains aspects, ce n’est pas mal intentionné et il y a une réflexion derrière, juste après coup.


Ce qui m’a permis de m’attacher autant à Stephen, je crois que c’est Marion. Voir son point de venue aide énormément, car ses yeux amoureux depuis des années permettent de voir le personnage différemment, comme si on le connaissait déjà, comme si, nous aussi, on l’aimait.


J’ai particulièrement aimé la jeune femme. Ce que j’aime beaucoup de la série Les Winchester, c’est que les personnages féminins ne se laissent pas faire et elles ont un caractère. Isabella, dans le premier tome, n’hésite pas à se défendre contre un homme autochtone qui la kidnappe ou à donner son opinion. Marion a le même penchant. Bien qu’à l’époque, les femmes devaient « trouver leur place » et « se taire », celle-ci n’hésite pas à être brusque envers John Smith qu’elle méprise ou bien de se laisser aller auprès de Stephen, même si cela pouvait être inapproprié. La pauvre est prisonnière d’une menace à crever le cœur, tout ça à cause d’une dette de jeu de son père. Je n’ai eu aucune empathie pour le bonhomme. Sa fille est douce, curieuse, gentille, elle a un grand cœur, elle ne méritait pas tout ce qu’elle a subit ! Être prise dans les griffes d’un homme comme John Smith est terrifiant et j’ai bien aimé les émotions contradictoires que je vivais à travers le récit concernant les personnages. Un mélange d’inquiétude et de haine.


La relation entre Marion et Stephen est d’une douceur ! Un friends to lover comme je les aime. Puisqu’ils se connaissent depuis longtemps, c’est moins soudain et donc plus fluide comme rapprochement. Ils ont leurs habitudes, leurs surnoms, bref, il y a une certaine profondeur entre eux. Même si Stephen répond rapidement au baiser de Marion, alors que celui-ci ne la voyait pas comme ça au début, la scène dans laquelle ça se produit joue sur le feu de l’action, donnant une touche de réalisme que j’ai su apprécier. Tout au long du texte, on sent la chimie entre les deux. L’attirance avec une back story, c’est chaud !


Un autre élément que j’ai adoré de l’histoire, c’est le côté un peu suspense, l’enquête qui se construit autour de John Smith. Qui est-il ? Que cache-t-il ? Quelles sont ses motivations réelles ? Lorsque les réponses sont présentées, j’avoue que j’ai été surprise (mais d’une autre manière que le premier tome). Je ne m’attendais pas du tout à ça et j’ai trouvé ça percutant. Un vrai retournement de situation qui, à l’époque, était extrêmement possible, ce qui ajoutait à l’ambiance historique du récit.


En arrivant à la dernière page, je n’avais qu’une envie, c’était d’avoir la suite.


Ma lecture de ce tome deux vient prouver un élément important : certains points peuvent moins nous plaire dans un tome sans nécessairement nous faire détester le livre ou même la série. J’ai moins accroché à Lincoln, alors que j’ai adoré Stephen. Il était à deux doigts du coup de cœur, mais il manquait une petite étincelle à mon goût. J’ai quand même pu profiter agréablement de ma lecture et je me tarde de découvrir ce qu’Alexander a à nous offrir.


Ma note: 5 étoiles


Le monde imaginaire de Mione


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